Concours "Théo Charlier"

Théo CHARLIER

 (1868 – 1944)

Théo Charlier fut un témoin privilégié de l’évolution et de la facture de la trompette. Sa contribution au progrès du style des trompettistes fut considérable.

Né à Seraing près de Liège, tout en étudiant le cornet-à-pistons, il fréquente dès l’âge de douze ans le Conservatoire Royal de Musique de Liège où il se distingue en obtenant à 17 ans un premier prix de cornet et l’année suivante un premier prix supérieur de trompette. Il sera engagé comme trompette solo simultanément ou successivement dans de multiples orchestres : société des « Concerts du Palais, des Arts et du Commerce d’Anvers », Théâtre Royal Français, Théâtre Royal de la Monnaie, société des « Concerts Ysaye », société des « Concerts Populaires de Bruxelles »…

Il semble que suite à ce début de carrière, Théo Charlier n’ait pas subi l’influence de la musique militaire très en vogue en cette fin du XIX siècle. Il eut dès lors le mérite de pressentir l’importance de l’évolution du goût musical qui substituait insensiblement l’éclat et le brio de la trompette aux sonorités douces et feutrées des cornets et des bugles, plaçant ainsi la Belgique dans les avant-gardistes de ce courant moderniste.

Son influence sera déterminante dans la rapidité avec laquelle la trompette s’imposera en cette fin du XIXème siècle. Avec l’évolution technique et artistique de la trompette, il fut parmi les plus talentueux instrumentistes qui s’attaquèrent aux difficiles parties écrites par les maîtres de la musique baroque et que personne ne se hasardait à jouer. Il semble qu’il ait été le premier à exécuter, dans sa version intégrale et sans y apporter de modifications, la périlleuse partie de trompette du 2ème concerto Brandebourgeois de J-S Bach.

Ayant acquis une réputation internationale,  il était fréquemment sollicité pour jouer en soliste, bien que dès 1901 il fut officiellement nommé professeur de trompette au Conservatoire Royal de Musique de Liège. C’est au début de cette carrière de pédagogue, fonction qu’il occupera durant 32 ans, qu’il écrivit les « 36 études transcendantes pour la trompette chromatique en Sib » qui encore aujourd’hui sont diffusées mondialement. Ces « études de genre » ont permis à d’innombrables musiciens de s’initier à une expression lyrique et romantique de haut niveau. D’autres œuvres de ce musicien d’exception mériteraient d’être redécouvertes et parmi elles le « 2ème solo de concours pour trompette Sib »,  sa dernière composition datant de 1943, un an avant sa mort.

(document écrit à partir de l’article de Rosario Macaluso : « L’école Liégeoise de trompette » dans Brass Bulletin n° 90 nov. 1995)